Au poète transdisciplinaire – Maurice Couquiaud

Au poète transdisciplinaire

Avant même de le rencontrer j’ai connu Maurice Couquiaud comme rédacteur en chef, de 1984 à 2001, de la très belle revue Phréatique, «revue trimestrielle du groupe de recherches polypoétiques (GRP) » abordant des disciplines aussi éloignées au départ que l’art, la philosophie, la science et la sémiologie, mais que les conditions économiques obligèrent à s’arrêter ; puis par ses études de fond pour l’importante revue, elle aussi défunte, Aujourd’hui Poème. Entre ces deux sommets de la critique pluridisciplinaire et littéraire, je fis sa connaissance, en chair, en os et en sourire, en 1994, à l’occasion des Rencontres Transdisciplinaires d’Arrabida au Portugal où il représentait, seul, reconnu et respecté de tous, la Poésie ou plutôt l’approche poétique du monde alors que la majorité des intervenants de ce grand colloque incarnaient l’exploration souvent déconcertante d’une réalité sub-quantique avec ses conséquences pour les autres sciences y compris sociales. J’ai été alors frappée par l’attention respectueuse qui accompagna son exposé des ressources épistémologiques propres à l’inspiration poétique.
Parisienne très occasionnelle, je l’ai revu en d’autres occasions culturelles également marquantes, même s’il n’était là qu’en qualité de témoin mais toujours chaleureusement accueilli, sur la péniche restaurant qui réunit désormais chaque mois de juin sur les rives de la Seine des poètes français, belges ou étrangers à l’occasion du Marché de la Poésie ; il y figure en tant que vice-président du Pen club ; mais, surtout à l’occasion du colloque « Rêveurs d’Univers, quand la Poésie rencontre la Science » qui s’est tenu à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette en mars 2006, colloque qu’il ouvrit de concert avec le biologiste Louis Sedim Chedid lui-même époux de la poète Andrée Chedid.
De nos jours les scientifiques de haut vol, réunis entre autres autour du physicien théoricien Basarab Nicolescu fondateur et président du Centre International de Recherche et d’Etudes Transdisciplinaires reconnaissent volontiers la complémentarité de ce qu’on appelait naguère « les deux cultures » et plus récemment « les deux chemins de la connaissance ». Dans une descendance même disciplinairement lointaine, l’astrophysicien poète Jean-Pierre Luminet poursuit un même appel, double, que le poète mystique Novalis, géologue de profession, pour dire son émerveillement devant la beauté harmonieuse de l’univers. Plus rares sont les poètes qui réussissent à dire, à rendre palpable, lisible, cette fonction épistémologique de leur art, – entre autres par des jeux de métaphores – et surtout disent l’émerveillement, « l’Etonnement », que leur inspire le monde – hélas non humain. « Le poète et le musicien peuvent reconstituer l’homme/ dans une résonance (…) à partir de son chaos» affirme Couquiaud dans L’Eveil des eaux dormantes (le nouvel Athanor, 2007 3ème tirage) car le poète également penseur « cultive les appels soucieux/ de tout ce qui fait signe et réunit. »
(Chroniques de l’Etonnement, de la science au poème). C’est au poète transdisciplinaire que Basarab Nicolescu (lui-même auteur de remarquables Théorèmes Poétique) rend hommage dans l’Avant-propos qu’il consacre, parallèlement à la Préface du poète et critique Charles Dobzynski, au tout récent livre de Maurice Couquiaud, Chroniques de l’Etonnement, de la science au poème, publié à l’Harmattan en 2008.

numéro spécial d’Insulaires (juin 2010)

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Maurice Couquiaud, A la recherche des pas perdus, L’Harmattan, Paris, 2012, 13 euros

Le livre porte un titre explicité dans l’Avant Dire : Les textes de ce recueil ont été rédigés sur une période d’environ vingt ans. Poèmes ou proses ? Il est dédié à la mémoire de Gérard Murail, nous rappelant discrètement que Couquiaud fut le rédacteur en chef de la revue transdisciplinaire Phréatique pendant 17 années. Et que le propos majeur et original de la revue était la réconciliation de ce qu’on appela longtemps en les opposant, les deux cultures, une entente activement réalisée par Couquiaud dans ses poèmes.
Cette réconciliation entre poésie et science passe par la grâce formelle de ses métaphores, sans cesse renouvelées et intimement vécues. La science, vivante, ce sont aussi des nuages qui défilent dans le ciel, des bourgeons qui se font fleurs, souvent des cours d’eau qui courent, des électrons qui s’attirent… La tendresse est un bon repère (« Navigation »). Je suis un organisme poétiquement modifié (« OPM »).
Humour narquois, gentiment câlin et érotique à l’occasion, Couquiaud laisse libre cours à son amour de la vie mais surtout à son amour pour ses semblables et pour la nature, mieux, du cosmos où (les sciences en témoignent aujourd’hui) s’inscrit ontologiquement mais aussi affectivement toute vie humaine. Comprendre, / c’est imiter la danse des papillons/ qui savent se poser sur les fleurs/ sans compromettre l’avenir des bourgeons / qui doivent s’épanouir près de leurs sœurs écloses. Comme le rappelle le dernier texte Le Magnificat endormi composé à l’occasion du premier colloque mondial de la transdisciplinarité qui se tint en 1994 au Portugal dans un lieu enchanteur par son paysage chargé de spiritualité, et où le rôle majeur, indispensable, du poète, alors représenté par Couquiaud, avait été reconnu avec ferveur par les plus grands scientifiques de multiples disciplines réunis en ce lieu. Alors comme aujourd’hui le poète proclamait : N’oubliez pas que X est un trouvère qui passe, prêt à chanter l’épopée lointaine des particules et des constellations. Il apprend le rêve à l’éveil de la raison.
Très belle formule et mission accomplie.

(…) ». Par là il rejoint la trajectoire inverse d’un astrophysicien comme Michel Cassé qui part d’une carrière scientifique pour déboucher dans l’expression poétique de la beauté du cosmos.
Maurice Couquiaud, A la recherche des pas perdus, L’Harmattan, Paris, 2012, 13 euros

Comme le suggère déjà le titre, explicité dans l’Avant Dire, « Les textes de ce recueil ont été rédigés sur une période d’environ vingt ans. Poèmes ou proses ?… » Particulièrement précieux ici, le dernier texte, « Le Magnificat endormi », rappelle le premier colloque mondial de la transdisciplinarité qui se tint en 1994 au Portugal dans un lieu enchanteur par son paysage chargé de spiritualité, et le rôle majeur du poète troubadour « éponyme » salué par les plus grands scientifiques de multiples disciplines à cette occasion.. par la responsabilité exercée à ce titre dans la Le présent livre dédié à la mémoire de Gérard Murail qui en assura la création et la direction rappelle discrètement que Couquiaud fut le rédacteur en chef de la revue transdisciplinaire Phréatique pendant 17 années.
Humour narquois, gentiment câlin et érotique à l’occasion, Couquiaud laisse libre cours à son amour de la vie mais surtout à son amour de ses semblables et de la nature, mieux, du cosmos où (les sciences en témoignent aujourd’hui) s’inscrit ontologiquement mais aussi affectivement toute vie humaine.
« Comprendre, / c’est imiter la danse des papillons/ qui savent se poser sur les fleurs/ sans compromettre l’avenir des bourgeons / qui doivent s’épanouir près de leurs sœurs écloses (…) ». Par là il rejoint la trajectoire inverse d’un astrophysicien comme Michel Cassé qui part d’une carrière scientifique pour déboucher dans l’expression poétique de la beauté du cosmos.
Cette réconciliation de ce qu’on appela longtemps les « deux cultures » passe par la grâce formelle de la métaphore, sans cesse renouvelée et intimement vécue. La science, ce sont des nuages qui défilent dans le ciel, des bourgeons qui se font fleurs, souvent des cours d’eau qui courent, des électrons qui s’attirent… « La tendresse est un bon repère » (« Navigation »). « Je suis un organisme poétiquement modifié » (« OPM »)
Mais surtout (« Le Magnificat endormi ») « N’oubliez pas que X est un trouvère qui passe, prêt à chanter l’épopée lointaine des particules et des constellations. Il apprend le rêve à l’éveil de la raison. » Grâce au trouvère ami des sciences auteur de ce volume.
Maurice Couquiaud, L’éveil des eaux dormantes, le nouvel Athanor, 2007 (3ème tirage)
Maurice Couquiaud fut de 1984 à 2001 le rédacteur en chef de la très belle défunte revue Phréatique. Il collabore désormais régulièrement, avec des articles de fond, à la revue Aujourd’hui Poème. Poète, essayiste, il place sa pensée et la fonction de la poésie sous le signe de l’Etonnement.
On est frappé d’emblée par la variété de sa thématique. Les premiers poèmes sont dédiés à l’astrophysicien, aussi poète, Jean-Pierre Luminet, puis invoquent l’immense poète mystique Novalis, géologue de profession, De même que Phréatique se présentait comme une «revue trimestrielle du groupe de recherche polypoétiques (GRP), abordant des disciplines aussi éloignées au départ que l’art, la philosophie, la science et la sémiologie, Couquiaud manifeste dans ses premiers poèmes la volonté de traduire, par le brassage des métaphores, une unité ontologique chère aux scientifiques penseurs contemporains ; l’humain et la nature se répondent, vent, eau, pierre : ce que traduit une prosodie souplement rythmée qui recourt à la rime sans s’y asservir et sait éventuellement s’en affranchir :
« La mer parle en bleu avec les mots du ciel » (p.18)
Le mariage de la pensée scientifique et de la poésie est ainsi célébré, avec une priorité accordée à l’art :
« Le chant de l’univers n’habite pas son métronome.
Il vibre avec la plume, l’archet, la corde et le pinceau.
Le poète et le musicien peuvent reconstituer l’homme
dans une résonance…. à partir du chaos. »
La nature semble narguer l’homme dont « l’ordre cubique massacre les rondeurs/ décapite les sphères et garde à vue les bulles. » (p.32)
« Abandonnées par des hommes déboussolés,
Les ruines sont cultivées par les plantes du vent,
celles qui n’ont personne pour les éduquer. » (p.30)

Plus loin dans le volume, avec une thématique plus personnelle, le ton sérieux cède à l’humour, dans des « Confidences au mur de mon jardin ». (p.25) En tout cas il y a refus de « l’idéologie de la pesanteur » (p.32)

Couquiaud retrouve sans emphase la fonction romantique de la poésie et du poète qui
« …cultive les appels soucieux/ de tout ce qui fait signe et réunit. » (p.57)
« Une visite à l’inconnu me régénère.
J’y trouve avec des mots à moudre
un levain silencieux pour des étincelles » (p.58)

Enfin nous découvrons un poète formé dans le christianisme, qui dit, « Les doigts sur la plaie », son souvenir, enfant, de la défaite qui lançait les foules de civils sur les routes mitraillées par l’envahisseur, et l’enfant sur son lit d’hôpital.

Enfin, comme en conclusion, à nouveau sa vocation de poète :
« Un jour d’orage et de douleur,
Il a rêvé qu’il soldait la mer
Pour offrir à ses mots l’asile des profondeurs,
…élargir pour eux les plages de la lumière ». (p.73)

Publié dans temporel.fr n° 7

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Maurice Couquiaud, Chroniques de l’Etonnement, de la science au poème, l’Harmattan 2008
Préface de Charles Dobzynski et Avant-propos de Basarab Nicolescu

Gaston Bachelard, historien et philosophe des sciences, menait parallèlement mais séparément son analyse épistémologique de la rationalité appliquée et son exploration chez les poètes des « images matérielles », éléments du cosmos présents dès les penseurs poètes présocratiques mais dédaignées par la Modernité dualiste.
Maurice Couquiaud, de formation littéraire et philosophique, poète et essayiste, outre une très solide connaissance des poètes, se passionne pour les avancées voire les bouleversements qu’a connus la science contemporaine, tout au long du siècle écoulé, amenés surtout par l’astrophysique et l’exploration quantique, et qui fertilisent l’imagination des « rêveurs d’univers » des « deux cultures » (littéraire et scientifique) ; deux modes aujourd’hui reconnus d’exploration de l’univers qui parfois se croisent puisqu’il est aujourd’hui accepté qu’à degrés divers l’intuition et l’imagination jouent un rôle non négligeable dans la découverte des lois de l’univers tout comme la réflexion distanciée, lucide, est présente dans le travail du plasticien, du musicien ou du poète travers les créations desquels se manifestent le cosmos, mieux, le chaosmos, terme dont se réclament à la fois le poly-scientifique Edgar Morin retrouvant le « paradigme perdu » et le « géo-poète » Kenneth White en son « monde ouvert ».
« Nous pouvons constater que toutes les grandes théories scientifiques ont besoin d’être rêvées avant d’être construites puis vérifiées » écrit Couquiaud (p.91). « Une visite à l’inconnu me régénère. / J’y trouve avec des mots à moudre/un levain silencieux pour des étincelles » écrivait-il y a peu dans L’éveil des eaux dormantes (le nouvel Athanor). De la double appartenance et pertinence de ses essais témoignent la Préface d’un poète et essayiste reconnu et l’Avant-propos d’un grand physicien quantique grand poète aussi à sa manière. Pour Charles Dobzynski, c’est grâce à la « Chronique de l’étonnement » que Couquiaud donnait régulièrement à Aujourd’hui Poème, « au cœur même d’un foyer multiforme de poésie [que] l’idée même de transdisciplinarité put trouver sa place et briller de son éclat propre ». Pour Basarab Nicolescu, « Maurice Couquiaud s’est mis, à sa manière, à tenter l’aventure de l’ascension du Mont Analogue [… Il est] un des précurseurs de [la] nouvelle culture [transdisciplinaire] ».
Couquiaud fut de 1984 à 2001 rédacteur en chef de la très belle revue Phréatique «revue trimestrielle du groupe de recherche polypoétiques (GRP), abordant des disciplines aussi éloignées au départ que l’art, la philosophie, la science et la sémiologie », écrivait l’astrophysicien également poète Jean-Pierre Luminet ; puis il a apporté à partir de 2004 sa contribution régulière à une autre revue majeure également défunte, Aujourd’hui Poème. Dans Chroniques de l’Etonnement il reprend vingt essais qu’il y a publiés entre octobre 2004 et novembre 2007, ici dans leur entièreté non contrôlée par des considérations d’espace matériel. Chacune de ses chroniques, placées sous l’invocation d’une citation poétique, passe en revue des parutions scientifiques et philosophiques qui ont retenu son attention et il les illustre d’autres citations poétiques qui corroborent les éléments conceptuels des livres présentés. Car « Le poète et le musicien peuvent reconstituer l’homme/ dans une résonance… à partir de son chaos. » Il, le poète également penseur « cultive les appels soucieux/ de tout ce qui fait signe et réunit. »
Le premier essai, « Une particule de conscience », s’ouvre par un vigoureux rejet des divisions étanches des disciplines scientifiques par Auguste Comte et de la dérive positiviste que le compartimentage a encouragé, et par une dénonciation de la logique aristotélicienne du tiers exclu ; hommage est rendu à Basarab Nicolescu et au Centre International d’Etudes et de Recherche Transdisciplinaire et aux poètes, penseurs et scientifiques qui gravitent autour de lui ou l’ont inspiré: Michel Camus, Roberto Juarroz, Stéphane Lupasco, Edgar Morin, Gödel, Michel cassé, Jean-Pierre Luminet, Bernard d’Espagnat… Dans le second essai, « La Respiration de l’Ombre », l’annonce du LHC, (Large Hadron Collider, aujourd’hui en activité) est indirectement salué par Philippe Jaccottet et St John Perse, tandis qu’avec le quatrième essai, sous l’intitulé de « Passagers du Temps » se voient réconciliés Bachelard et Bergson, Jankelevitch et Yves Bonnefoy. En un autre essai, autour de Gödel et de son « principe d’ incertitude » interviennent Guillevic, Pierre Emmanuel et Christian Bobin.
Tous les poètes convoqués ne sont pas des contemporains : ainsi Novalis autour de « la nuit étoilée », Gautier sur « La Lune », Cyrano de Bergerac lui aussi mais différemment, Agrippa d’Aubigné autour de La Mer, Baudelaire et Verhaeren pour « un nouveau sentiment cosmique », Blake pour les deux Infinis et Hugo pour qui, dans Les Misérables « Tous les oiseaux qui volent ont à la patte le fil de l’infini ». Toutes les chroniques ne sont pas motivées par l’actualité éditoriale : certaines sont des hommages à des amis présents au départ puis disparus. Ainsi « La Mort…Aujourd’hui peut-être » i. m. André Parinaud (p.99) laisse la part belle aux poètes, à leur imaginaire et à leurs réactions et diverses visions du phénomène ultime. Une autre chronique part d’une anthologie d’ Yves La Prairie, Les plus beaux poèmes sur la mer ; une autre a pour point de départ le thème du Rire, laissant peu de place à la science. Mais l’essai suivant tourne autour de la linguistique. Un autre, « Du rêve à la rêverie » illustre les théories récentes sur le rêve. « Sens ou non-sens ? » explore la question de la tolérance religieuse à l’occasion d’une conférence donnée par André Comte-Sponville à la Sorbonne le 25 avril 2007.
Suivent quelques textes inédits, des contributions toujours pluridisciplinaires : une communication donnée au Colloque transdisciplinaire « Science et conscience » et intitulée « Une Ecoute poétique de la Nature » ; une autre, pour « Une Transculture européenne » donnée au Pen Club européen (dont Couquiaud assume la vice-présidence) ; enfin un long entretien avec Rodica Draghincescu (paru dans Poésie/Première en 2005) qui permet aux deux poètes de développer leurs approches très proches placées sous l’invocation d’un « réenchantement du monde » : « écrire est un devoir quand on en ressent le besoin ! Parce que cela répond alors à un besoin intérieur et contribue, comme j’aime à le répéter, à donner un sens à la vie, la sienne et celle des autres » confie Couquiaud. Mission accomplie.
Maurice Couquiaud : J’irai rêver sur vos tombes, L’harmattan, 2010

Une discrète mélancolie imprègne ce volume, tourné vers le passé et les absents, qui se présente (mais espérons que le poète se trompe !) comme un testament. Le poète y évoque des départs et des souvenirs personnels parfois douloureux dans une période particulièrement dramatique de sa vie et de notre communauté. Mais la limpidité de la langue, des images et de la ligne mélodique rédiment l’horreur de cette histoire encore récente et l’ouvrent sur l’éternité de l’esprit.

« Les mégots s’étaient faits plus rares que la mort.
Je les ramassais pour mon oncle,
car ici la fumée valait son pesant d’or.
En d’autres lieux, elle était sinistre et noire.
Elle s’élevait dans le ciel des étoiles jaunes,
en calcinant vers Dieu les cris de désespoir. » (« Fumées », p.13)
Par delà son destin personnel, le poète est conscient de sa mission.

« Il y a tant de gémissements à travers le monde
que le poète peut ressentir des plaintes
poussant dans son être labouré.

Il y cueille la graine des mots simples
qui les font entendre au plus grand nombre
forts, terriblement forts,…sans même hurler. (« Gémissements », p. 78)

Le lecteur lui sera reconnaissant de la lumière qui se dégage d’une sérénité conquise sur la souffrance, et qui a « brodé l’avenir sur le tissu de l’univers » pour qu’enfin elle « plane sur l’humanité » (pp.25 et 27).

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